FICHE MOBILITÉS

PONTS & FRANCHISSEMENTS : LA SUTURE URBAINE

LA VISION : "Narbonne est un archipel d'îles séparées par le fer et l'eau. Les faisceaux SNCF, la Robine, le rec de Veyret, la rocade et les autoroutes démembrent la ville. Pour la recoudre, nous devons changer d'échelle." Le retard accumulé sur nos ponts est tel qu'une approche au coup par coup est vouée à l'échec financier. Nous proposons une stratégie industrielle : massifier la commande publique pour créer une filière locale de préfabrication. L'objectif est double : diviser les coûts unitaires et sédimenter la valeur économique sur le territoire.

1. LA STRATÉGIE ÉCONOMIQUE : LA "FILIÈRE PONTS" LOCALE

Au lieu de lancer 15 marchés dispersés sur 10 ans, nous lançons un Accord-Cadre global pour l'ensemble des ouvrages.

  • L'Usine Foraine : le volume de béton et d'acier justifie l'installation d'une unité de préfabrication temporaire sur un foncier mis à disposition par le Grand Narbonne.
  • Standardisation : nous définissons un "Standard Narbonnais" pour les poutres et dalles. On ne paie l'étude de conception qu'une fois, on l'applique dix fois.
  • Sédimentation de la Valeur : en imposant la fabrication sur site, nous transformons l'investissement en salaires locaux (coffreurs, ferrailleurs) et en achats de matériaux de proximité.

2. LE PONT DE CARCASSONNE : GESTION TACTIQUE (2026-2040)

Le marché des piles est lancé. Nous gérons la transition sans bloquer le chantier, mais en changeant la destination finale.

  • Les Piles (Immédiat) : nous construisons les piles dimensionnées "choc de train". Nous validons techniquement qu'elles pourront supporter un futur tablier large.
  • Le Tablier (Moyen Terme) : pose d'un tablier à encorbellement pour accueillir bus et vélos.
  • Les Rampes (Temps Long) : l'élargissement des avenues de Toulouse et Bordeaux se fera au fil des mutations immobilières. Pas d'expropriation brutale : à chaque vente ou projet sur les 50 bâtiments riverains, la Ville acquiert le foncier nécessaire pour élargir la voirie. C'est un projet d'urbanisme patient.

3. LE CORRIDOR SUD : PERPIGNAN & AVENUE DU Gal LECLERC

Nous traitons l'entrée Sud comme un axe unique de Transport en Commun.

  • Pont de Perpignan : situé en zone d'activités, il est doublé par un ouvrage jumeau dédié aux mobilités douces et bus.
  • Pont Avenue du Général Leclerc : reconstruction pour la transparence hydraulique avec gabarit bus/vélo.

4. LE SYSTÈME VEYRET : QUAND L'EAU PAIE LA ROUTE

La sécurisation du Rec de Veyret impose de modifier les ouvrages. Nous utilisons les fonds "Inondation" (PAPI) pour financer ces travaux.

  • Pont de Gleizes : allongement significatif du tablier pour redonner de l'espace au flux d'eau.
  • Pont de la Cafforte : déplacement stratégique de l'ouvrage vers la zone de la Mayolle pour supprimer un goulot d'étranglement hydraulique.
  • Pont de la Route de Lunes : reconstruction complète.

5. LES SUTURES DOUCES : PASSERELLES ET LIENS

Pour les piétons et vélos, nous créons des liens légers qui désenclavent les quartiers.

  • Passerelle 1848 - route de Cuxac : création du franchissement promis pour désenclaver le quartier Sainte-Louise et le relier au centre.
  • Lien Saint-Jean Saint-Pierre : création d'une passerelle directe vers le futur "Poumon Vert" du Veyret.
  • Passerelle Anatole France : modernisation totale.
  • Lien Quatourze : ouverture d'un franchissement doux vers le sud.
  • Lien Montplaisir - La Coupe : étude de franchissements complémentaires de l'autoroute.

6. LA ROCADE : LE LOBBYING DÉPARTEMENTAL

La Ville exige la mise à niveau des infrastructures de contournement.

  • Viaduc de Cap de Pla : exigence du doublement de ce pont majeur au-dessus du barrage.
  • Rec de las Tinos : élargissement du tablier routier de ce franchissement méconnu qui empêche de passer la rocade à 4 voies.

7. L'AGENCE TECHNIQUE NARBONNAISE : REPRENDRE LE POUVOIR

On ne gère pas un programme pluri-annuel de 45 millions d'euros de travaux complexes sur plusieurs mandats avec des prestataires extérieurs pilotés depuis Carcassonne. Narbonne doit redevenir autonome techniquement.

  • Objectif : internaliser la compétence pour ne plus se faire balader par les bureaux d'études et maîtriser le calendrier.
  • Création d'une Cellule "Ouvrages d'Art" : une équipe dédiée, basée à Narbonne, pour piloter le plan pluriannuel.
  • Le Recrutement Clé : nous embaucherons un Directeur de Projet de haut niveau, issu du monde ferroviaire ou des majors du BTP. Sa mission : savoir "parler SNCF", déjouer les pièges techniques des conventions de travaux et défendre les intérêts financiers de la Ville face au monopole du rail.

8. BILAN FINANCIER : LEVER DES FONDS, CRÉER DE LA VALEUR

Le plan est massif (45 M€). Mais grâce aux subventions (PAPI, Europe) et à l'effet local, l'effort net de la Ville est soutenable.

TYPE D'OUVRAGE COÛT TOTAL ESTIMÉ QUI PAIE ? (Subventions) RESTE À CHARGE (Ville/Agglo)
Ouvrages Hydrauliques
(Veyret : Leclerc, Lunes, Cafforte...)
12 M€ 80% (PAPI / Barnier) 2,4 M€
Ponts SNCF
(Carcassonne + Perpignan)
25 M€ 50% (Europe FEDER + État + Région) 12,5 M€
Passerelles Douces
(Sainte-Louise, Anatole...)
8 M€ 40% (Fonds Mobilités Actives) 4,8 M€
TOTAL PLAN PONTS 45 M€ - ~ 19,7 M€
L'EFFET DE LEVIER LOCAL : La Ville investit 19,7 M€ sur le mandat. Mais grâce à l'usine foraine, ce sont ~ 27 M€ (60% du total de 45M€) qui sont directement injectés dans l'économie narbonnaise (Salaires BTP, Matériaux, Sous-traitance).
LE BILAN : POUR 1€ INVESTI PAR LE CONTRIBUABLE NARBONNAIS, NOUS INJECTONS 1,40€ DANS L'ÉCONOMIE LOCALE POUR AVOIR DES PONTS QUI FACILITENT LES MOBILITÉS.